
Le gouvernement soudanais a dénoncé avec véhémence un rapport récent publié par des enquêteurs mandatés par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, qui appelle à un embargo sur les armes et au déploiement immédiat d’une «force d’intervention indépendante et impartiale» pour protéger les civils au Soudan. Dans un communiqué diffusé le 7 septembre au soir, le ministère des Affaires étrangères du Soudan a rejeté en bloc les recommandations de cette mission, les qualifiant de «violation flagrante de son mandat».
Le rapport, présenté le 6 septembre, évoque une «série de violations effroyables» des droits humains par les deux parties belligérantes dans le conflit qui oppose depuis avril 2023 les Forces armées soudanaises, dirigées par le général Abdel Fattah al-Burhane, aux Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohamed Hamdane Daglo. Ces violations, selon les enquêteurs, pourraient constituer des «crimes de guerre et des crimes contre l’humanité».
Depuis le début du conflit, le pays est plongé dans une guerre dévastatrice ayant causé des dizaines de milliers de morts, provoquant une crise humanitaire sans précédent. L’ONU estime que plus de 11 millions de personnes ont été déplacées, tant à l’intérieur du Soudan que dans les pays voisins, et que plus de la moitié de la population du pays – soit 25,6 millions de personnes – fait face à une «insécurité alimentaire aiguë».
Accusations mutuelles et critique de l’ONU
Dans sa réponse, le ministère soudanais a réitéré que «la protection des civils reste une priorité absolue» pour son gouvernement, accusant les milices, sans les nommer explicitement, de «cibler systématiquement les civils et les institutions civiles». Le Soudan, par la voix de son ministère, a aussi exprimé son refus catégorique de l’appel à un embargo sur les armes, tout en dénonçant le Conseil des droits de l’homme comme un «organe politique et illégal».
Selon le communiqué, «le rôle» de cette institution onusienne devrait être de «soutenir le processus national» plutôt que d’imposer des mécanismes extérieurs. La publication de ce rapport, à quelques jours d’une session du Conseil des droits de l’homme, est perçue par Khartoum comme une preuve du «manque de professionnalisme et d’indépendance» du comité, affirmant qu’il s’agit avant tout d’une manœuvre politique.
Alors que la situation humanitaire continue de se détériorer, les infrastructures du pays sont ravagées par les combats, plongeant le Soudan dans une crise de plus en plus profonde. La famine menace une large partie de la population, et les appels internationaux se multiplient pour une intervention extérieure, malgré l’opposition ferme du gouvernement soudanais.
