
Justin Trudeau Premier Ministre canadien
Justin Trudeau s’est dit « ouvert à des discussions » avec François Legault au sujet d’un éventuel droit de retrait qui permettrait au Québec de recevoir une compensation financière plutôt que d’appliquer le programme fédéral universel de soins dentaires.
Si les provinces vont travailler avec nous pour livrer à domicile, mais écoutez, ce n’est pas un chicaneur, là, on est là pour s’assurer que les Québécois, comme tous les Canadiens, ont accès aux soins dentaires », a assuré Mr Trudeau en mêlée de presse mercredi.
Plus tôt dans la journée, le ministre québécois des Finances, Eric Girard, avait clairement indiqué qu’il demanderait « un retrait avec compensation ».
Comment fonctionnerait un éventuel droit de retrait ? « Nous n’en sommes pas encore là », a répondu le Premier ministre Trudeau.
M. Girard a exprimé une certaine frustration à l’égard du plan fédéral pour les soins dentaires, dont la facture prévue a explosé de 7,3 milliards de dollars sur cinq ans, pour atteindre 13 milliards de dollars, soit plus du double de ce qui était initialement prévu.
Avant de créer de nouveaux programmes, il faut financer adéquatement ceux que nous avons déjà », a déclaré M. Girard mercredi matin.
Ce dernier faisait référence à la déception du Québec concernant le transfert en matière de santé.
Intégré au nouveau budget Freeland dévoilé hier, le transfert aux provinces prévoit des versements annuels moyens de 4,6 milliards de dollars par année aux provinces, soit six fois moins que ce qu’elles demandaient.
« Le gouvernement fédéral sous-finance la santé, et voilà que nous injectons des sommes supplémentaires pour les soins dentaires. C’est sûr que notre préférence aurait été des montants additionnels en santé », a déclaré Eric Girard.
Comme son chef, le ministre fédéral de la Santé, Jean-Yves Duclos, s’est également montré ouvert à d’éventuelles discussions « à long terme » avec le Québec.
« À plus long terme, il pourrait y avoir des discussions comme cela se fait toujours dans le cadre de ces programmes pour voir si les provinces, dont le Québec, voudraient assumer une plus grande part de responsabilité, un leadership plus présent dans la prestation de ces soins dentaires pour les Québécois », a déclaré M. Duclos.
Selon les estimations du gouvernement fédéral, le programme fédéral de soins dentaires pourrait aider environ 9 millions de Canadiens une fois qu’il sera pleinement mis en œuvre.
Le NPD heureux
La mise en place d’un régime universel de soins dentaires est l’une des priorités énoncées dans l’accord conclu entre le NPD et les libéraux.
Le leader néo-démocrate Jagmeet Singh s’est dit « fier » d’avoir « forcé ce gouvernement » à consacrer une enveloppe aussi importante à ce programme social.
M. Singh n’a toutefois pas commenté la demande du Québec d’obtenir un droit de retrait avec compensation malgré plusieurs demandes.
« Nous respectons grandement les compétences de chaque province », a-t-il glissé.
En revanche, le chef du Bloc Québécois a ouvertement critiqué le « fameux programme centralisé de soins dentaires ».
Revenant sur la position du Québec, M. Blanchet est d’avis qu' »on ne peut pas s’ingérer, créer des conditions pour transférer de l’argent au Québec dans un secteur où le Québec est déjà actif ». « C’est une ingérence » qui rappelle les débats autour du transfert en santé, a affirmé le chef bloquiste.