Les indomptables est allé à la rencontre d’un acteur de la diaspora qui travail depuis plus d’une décennie à la fortification des capacités économiques du continent ,autant auprés des acteurs privés du continent que des gouvernements .

Les Indomptables . Pouvez-vous vous présentez à nos lecteurs, état-civil, formation, fonction ?
Freddy Zanga . Bonjour, Je m’appelle Freddy ZANGA. Je suis marié et père de 3 enfants. J’ai fait des études de Lettres Modernes Françaises à l’Université de Yaoundé au Cameroun (Bac+3) et une petite incursion dans le domaine des assurances à l’Institut International des Assurances (IIA) pour BTS en Assurances.
J’ai également fait une formation en France Action Commerciale et force de vente auprès du Pole Emploi Antony (92). Depuis près de 20 ans, je suis Consultant Commercial Sénior et Président de la Chambre Internationale pour le Conseil et la Promotion des entreprises (CICP), une organisation patronale qui fait la promotion des entreprises africaines à l’international et des entreprises étrangeres en Afrique et Représentant Commercial de différentes sociétés d’import-Export et de services (évènementiel, conciergerie, location de jets privés).
Les Indomptables. Vous avez fondé en 2003 la chambre internationale pour le conseil et la promotion des entreprises CICP, qu’est que c’est exactement, et pourquoi avez-vous jugé bon de créer cette chambre ?
La Chambre Internationale pour le Conseil et la Promotion des entreprises (CICP) est une organisation patronale qui, comme son nom l’indique un organisme de Conseil, d’accompagnement, de promotion et de développement des entreprises africaines à l’international, de mise en relation entre des responsables d’entreprises, de rapprochement de l’offre et de la demande.
Je me suis rendu compte que les entreprises africaines étaient très absentes à des grands rendez-vous économiques mondiaux, parfois lors des évènements autour de l’Afrique. Je me suis donc donné pour missions de prendre mon bâton de pèlerin et d’aller à travers le monde, d’aller sur tous les toits, crier que nous sommes désormais là, nous africains. Que nous existons, que nous avons aussi un mot à dire dans les différents domaines. Je voulais donc par la création de la CICP que l’Afrique ait désormais ses évènements économiques de très haut niveau, son forum de Davos à lui.
En plus, nos sociétés africaines ont de besoin d’expertise, de savoir-faire, de produits et services d’entreprises occidentales. Il fallait donc créer une structure qui récence les besoins et les offres dont nous disposons afin de répondre plus facilement. Voilà les raisons de la création de la CICP.

Les Indomptables; L’Afrique et le développement économique étant au cœur de vos préoccupations déjà en tant que président de la CICP quel diagnostic faites-vous au sujet des économies africaines, pourquoi les investisseurs semblent toujours hésiter quand il est question d’investir en Afrique
Les économies africaines restent très fragiles à l’exception de quelques pays comme le Nigeria, l’Afrique du Sud, mais elles sont pleines de beaucoup d’espoirs et d’espérance. Ce sont des économies que certains pays colonisateurs ont étouffées, étranglées, contrôlées. Le Franc CFA par exemple fabriqué en France est un boulet d’étranglement. Comment peut-on nous expliquer en « français facile » être indépendant avec tout le symbole de cette indépendance la monnaie fabriquée en Occident ? Quel pays européen peut accepter cette situation ? A nous, on nous l’impose. Comment expliquer que les richesses du sol et sous-sol que regorgent l’Afrique (diamant, or, cuivre, bois, manganèse, bauxite, etc..) qui font partie des références en matière de richesses d’un pays ne permettent pas aux pays détenteurs d’émerger ? Pourquoi nous africains ne pouvons pas fixer les prix de nos matières premières comme les occidentaux fixent les prix de leurs véhicules et avions ?
Néanmoins, les économies africaines ont aujourd’hui la possibilité de se rattraper et de bondir vers l’avant. Il y existe de nombreuses opportunités qui ne sont pas exposées aux investisseurs internationaux. C’est l’une de nos missions que nous nous sommes assignées, mettre aux yeux du monde les nombreuses opportunités que regorge l’Afrique. En plus, l’histoire étant racontée par le chasseur, l’Afrique est peinte selon le bon vouloir des colonisateurs qui préfèrent que la situation soit négative et reste ainsi. L’Afrique a été longtemps la chasse gardée de colons et d’explorateurs véreux qui souhaitent que cette emprise continue. Certains médias qui parlent de l’Afrique très souvent négativement.
Les Indomptables. Parmi les missions que vous vous êtes fixées, on se rend compte tout de suite que l’organisation des événements figure en bonne place dans votre stratégie, quel bilan tirez-vous après 20 ans d’expériences.
Freddy Zanga. Simplement parce que nos évènements économiques sont des rassemblements de hautes personnalités, de Chefs d’Etats, de Ministres, de PDG, de responsables d’entreprises très souvent de très haut niveau qu’on ne rencontre pas facilement dans la rue.
Hors, un bon responsable a besoin de faire connaitre ses produits et services, de proposer son offre ou trouver la demande, de partager des expériences dans son secteur d’activité, de saisir de nouvelles opportunités. Et lors de ces évènements, en quelques jours, c’est tout cela à fois, vous faites d’une pierre plusieurs coups. La meilleure stratégie pour un bon chef d’entreprise qui peut se le permettre est de prendre donc régulièrement part à de grands rendez-vous nationaux et mondiaux. Ayant constaté l’absence des entreprises africaines à ces rencontres internationales, nous avons donc voulu contribuer à dynamiser en particulier cette ouverture des entreprises africaines à l’étranger.
Les Indomptables. Dans votre cahier de charge, trouver des partenaires et des financiers au secteur public des pays fait t’il parti de vos objectifs, si oui avec quels états travaillez-vous et sur quels projets ?
Oui, dans nos missions, la recherche des partenaires techniques, industriels, stratégiques et financiers est au cœur de notre activité. Nous avons déjà travaillé par exemple avec le Cameroun, le Sénégal, la Centrafrique, le Mali, la Cote d’Ivoire, le Burkina Faso, le Maroc, le Congo RDC, la Guinée, le Benin, le Congo Brazzaville…et bien d’autres.
Freddy Zanga . A votre avis quels sont les pays qui aujourd’hui semblent objectivement intéressés à investir en Afrique ? On connaît déjà la Chine, la Turquie. L’Union européenne et les Etats-Unis sont-ils enfin prêts à se lancer objectivement en Afrique ?
Vous serez surpris par ma réponse ! Pratiquement la majorité des pays dans le monde s’intéressent à l’Afrique. Faut il le rappeler, l’Afrique est la réserve du monde dans plusieurs domaines comme je l’ai dit plus haut, sa mamelle nourricière. Aussi, l’Afrique représente un important marché pour des entreprises étrangères avec sa forte population sans cesse croissante. Je peux aussi vous citer le Brésil, la Roumanie, Uruguay, France, Espagne, Italie, Portugal, Suisse, et bien d’autres. Vous verrez de plus en plus des évènements économiques avec l’Afrique comme la plupart des pays cités ci-dessus.
Les Indomptables . La situation géopolitique du monde avec les événements en Ukraine semble être en train de basculer, d’après vous quel devrait être le positionnement le plus bénéfique pour les pays africains, quand on sait les géants des pays des BRICS tels que la Chine et la Russie peu enclin à la démocratie ?
Si nous disons que les pays africains ont eu leur indépendance, celle-ci doit être effective. Pourquoi nous imposer leur position leur discours ? Est-ce une indépendance de façade ou réelle ? Comme disait le Président Mandela, leurs ennemis ne sont pas les nôtres. La guerre de Ukraine est regrettable.
Personne en Afrique, je pense, ne peut la souhaiter. Mais nous ne pouvons pas nous prononcer sous la pression occidentale qui nous dicte sa position puisque nous ne lui imposons pas la nôtre. Si nous devons donc nous prononcer, c’est de prôner la paix, l’arrêt de la guerre et retour à la négociation. Nous ne sommes pas bien placés pour donner des leçons aux gouvernements.

Freddy Zanga . Vous organisez du 25 au 29 avril prochain le forum des investissements de la diaspora au Cameroun, concrètement qu’est-ce que c’est, quels sont les organismes en général qui se sont déjà manifestés autant à l’intérieur du pays que venant de la diaspora à participer.
Le Forum des Investissements de la Diaspora au Cameroun (FIIDIC) est un évènement qui fédère une trentaine d’associations de la Diaspora et qui vise à mobiliser les Camerounais en particulier et des investisseurs internationaux ayant des projets d’investissement au Cameroun
Le FIIDIC est une plateforme de rencontre des forces vives camerounaises de la diaspora et d’investisseurs en faveur du rayonnement économique du Cameroun. Son objectif est de soutenir la création d’entreprises viables qui participent à la croissance du Cameroun, en lien avec la Stratégie nationale de développement du pays à l’horizon 2030 (SND 30).
A travers cette plateforme, les différentes parties prenantes (investisseurs, porteurs de projets, entrepreneurs, institutions, organismes nationaux et internationaux) vont échanger sur la contribution de la diaspora au développement productif du pays. En France, près de 100 000 Camerounais ou Français d’origine camerounaise envoient de l’argent à leurs proches au Cameroun.
De ce fait, même en situation de crise économique et financière des pays de résidence, les flux d’argent des diasporas tendent à rester stables et à être moins liés à la conjoncture que les investissements directs étrangers. Selon les chiffres de World Remit, leader mondial en matière de transfert d’argent sur les plateformes numériques, les envois d’argent des Camerounais de la diaspora vers le Cameroun ont augmenté de près de 150 milliards FCFA en 2017 à près de 173 milliards FCFA en 2018.
Les Indomptables . Si aujourd’hui concrètement une organisation s’approchait de vous à l’idée de demander de vous de lui trouver un partenaire financier à l’étranger, que lui proposeriez-vous ?
Freddy Zanga . Dès lors que cette organisation dispose d’une étude sérieuse, un business plan, nous pouvons transmettre son dossier auprès de nos partenaires financiers et des investisseurs avec lesquels nous collaborons qui donneront leur réponse dans un délai deux mois maximum. Chaque investisseur. Les conditions sont les suivantes :
- Résumé du projet ou programme,
- Garanties offertes,
- Coût – Montant minimum de financement recherché par projet ou programme. Le gros avantage est le fait d’être en relation avec différents partenaires financiers et investisseurs. Vous avez ainsi une très forte probabilité de résultats positifs.