
À quelques semaines seulement des élections législatives en Afrique du Sud, le Congrès national africain (ANC), parti au pouvoir depuis la fin de l’apartheid, est confronté à une baisse significative de son soutien populaire. Selon les dernières données publiées par le groupe de réflexion sud-africain The Social Research Foundation (SRF), le soutien électoral à l’ANC est tombé à 37%, alimentant ainsi les craintes quant à sa capacité à maintenir sa majorité à l’Assemblée nationale, la chambre basse du parlement.
Cette chute dramatique du soutien à l’ANC est attribuée à plusieurs facteurs, notamment l’émergence d’une nouvelle force politique dans le paysage sud-africain. Umkhonto we Sizwe (MK), dirigé par l’ancien président Jacob Zuma, a gagné en popularité auprès des électeurs, déstabilisant ainsi le soutien traditionnellement accordé à l’ANC.
« Nous observons une migration significative de l’électorat traditionnel de l’ANC vers le nouveau parti MK », a déclaré Gabriel Makin, porte-parole de la Social Research Foundation. « Selon nos données, environ 13% des électeurs se disent prêts à soutenir MK lors des prochaines élections, ce qui représente une menace sérieuse pour l’ANC. »
Cette tendance inquiétante pour l’ANC met en lumière les défis auxquels le parti est confronté alors qu’il cherche à maintenir sa position dominante dans le paysage politique sud-africain. Si la tendance se confirme lors des élections, l’ANC risque de perdre sa majorité parlementaire pour la première fois depuis son accession au pouvoir en 1994.
L’histoire de l’ANC est profondément ancrée dans la lutte pour la liberté et l’égalité en Afrique du Sud. Fondé en 1912 pour défendre les droits des Sud-Africains noirs, le parti a joué un rôle central dans la lutte contre l’apartheid, menant finalement à l’élection de Nelson Mandela en tant que premier président noir du pays en 1994. Depuis lors, l’ANC a dominé la scène politique sud-africaine, mais ces dernières années ont été marquées par des scandales de corruption, des divisions internes et une montée du mécontentement populaire, ce qui a affaibli sa position.
À mesure que les élections approchent, l’ANC se retrouve face à un défi crucial pour regagner la confiance de l’électorat et restaurer sa légitimité en tant que force dirigeante en Afrique du Sud.