
Les tensions entre le Canada et les États-Unis ont atteint un nouveau sommet alors que trois ministres canadiens ont annoncé mercredi une série de mesures en réponse aux tarifs punitifs imposés par l’administration Trump sur l’acier et l’aluminium canadiens. Cette escalade fait suite à un bras de fer entre le président américain Donald Trump et le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford.
Des tarifs jugés « injustifiés, injustes et déraisonnables »
Dominic LeBlanc, ministre des Finances, accompagné de Mélanie Joly, ministre des Affaires étrangères, et François-Philippe Champagne, ministre de l’Industrie, a qualifié ces droits de douane de « totalement injustifiés ». Les États-Unis ont imposé une surtaxe de 25 % sur l’acier et l’aluminium canadiens après avoir menacé de doubler ces tarifs en représailles à la surtaxe envisagée par l’Ontario sur ses exportations d’électricité vers plusieurs États américains.
Ces tarifs visent directement l’industrie automobile ontarienne, un secteur clé employant plus de 500 000 personnes. De plus, ils touchent les produits dérivés contenant de l’acier et de l’aluminium, augmentant la pression sur le Canada à envisager des contre-mesures supplémentaires.
Réponse canadienne : des mesures dollar pour dollar
En riposte, le Canada a annoncé des droits de douane réciproques de 25 % sur des produits américains, incluant 12,6 milliards de dollars d’acier, 3 milliards d’aluminium et 14,2 milliards d’autres produits. Ces mesures entreront en vigueur dès jeudi à minuit, s’ajoutant à la riposte de 155 milliards déjà planifiée en février.
Trump et Ford : une guerre de mots
Donald Trump s’est félicité d’avoir « fait plier » l’Ontario, affirmant que la province avait retiré ses menaces après une heure de discussions. Une déclaration immédiatement contestée par Doug Ford, qui a évoqué une « branche d’olivier » tendue par le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick.
Transition politique et leadership fédéral en question
Cette crise survient à un moment délicat pour le gouvernement fédéral. Alors que Justin Trudeau vit ses derniers jours au pouvoir, Mark Carney, premier ministre désigné, n’a pas encore été assermenté. Ce vide de leadership complique la gestion d’un conflit commercial qui s’intensifie.
Mark Carney a néanmoins affiché son soutien à Doug Ford, déclarant sur les réseaux sociaux : « Un combat important nous attend, et nous travaillerons ensemble à chaque étape. »
Une rencontre cruciale à Washington
Dominic LeBlanc, François-Philippe Champagne et Doug Ford se rendront jeudi à Washington pour des discussions avec Howard Lutnick. L’objectif sera de désamorcer les tensions et d’explorer des solutions pour supprimer les droits de douane actuels, sans aborder une renégociation de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM).
Une guerre commerciale aux conséquences globales
Alors que les droits de douane américains affectent également d’autres pays comme l’Argentine, le Mexique et l’Union européenne, cette escalade rappelle les défis posés par une politique commerciale unilatérale. Pour le Canada, l’heure est à la résilience et à l’unité face à une crise qui pourrait redéfinir les relations économiques nord-américaines