
Kinshasa – Le Président de la République Démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, a officiellement proposé aux États-Unis un accès privilégié aux vastes ressources naturelles de son pays en échange d’un soutien militaire pour combattre les groupes rebelles qui menacent la stabilité nationale.
Selon une lettre adressée le mois dernier au Président américain Donald Trump, et obtenue par The Wall Street Journal, Tshisekedi offre aux États-Unis des “opportunités minières” via le Fonds souverain américain, un organisme mis en place par Trump après son retour à la Maison-Blanche.
“Votre élection a inauguré un âge d’or pour l’Amérique”, écrit Tshisekedi dans sa lettre. “Notre partenariat offrirait aux États-Unis un avantage stratégique en sécurisant des minéraux critiques tels que le cobalt, le lithium, le cuivre et le tantale de la République Démocratique du Congo.”
Une Alliance Stratégique pour Contrer l’Insécurité
En contrepartie, le président congolais demande la signature d’un pacte de sécurité formel afin de renforcer les capacités militaires de son pays face aux groupes rebelles qui déstabilisent l’est du territoire congolais. Ces forces armées, certaines affiliées à des organisations terroristes comme l’État islamique (ISIS), infligent régulièrement de lourdes pertes aux troupes congolaises.
L’insécurité dans l’est de la RDC trouve son origine dans le génocide rwandais de 1994, lorsque les extrémistes hutus responsables de la mort de 800 000 Tutsis ont fui vers le Congo après la prise du pouvoir par le Front patriotique rwandais sous la direction de Paul Kagame. Aujourd’hui, des tensions persistent entre Kinshasa et Kigali, notamment autour du groupe rebelle M23, composé majoritairement de Tutsis.
Bien que le Rwanda ait nié tout soutien militaire au M23, affirmant vouloir uniquement sécuriser ses frontières et protéger ses ressortissants, un rapport d’experts de l’ONU publié en décembre a révélé que 4 000 soldats rwandais auraient été déployés en appui au M23.
Une Opportunité Géopolitique pour Washington
En s’impliquant dans ce conflit, Washington pourrait également freiner l’influence croissante de la Russie et de la Chine en Afrique. Ces puissances, qui convoitent également les richesses minières congolaises, cherchent à consolider leur présence sur le continent au détriment des États-Unis.
Avec ses abondantes réserves de cobalt, de lithium et de cuivre – des ressources essentielles pour l’industrie technologique, la défense et la transition énergétique – la RDC représente un enjeu stratégique majeur. Un soutien militaire américain permettrait non seulement de stabiliser la région mais aussi d’assurer à Washington un approvisionnement sécurisé en minerais critiques.
Alors que les discussions se poursuivent, cette proposition marque une nouvelle étape dans la reconfiguration des alliances en Afrique centrale, où la lutte pour l’influence mondiale se joue aussi bien sur le plan diplomatique que militaire.